Errances

28 octobre 2020

apprivoiser des corps beaux

Filed under: - juliette — juliette @ 23:34

(je me retire dans mes appartements)

FKA II

Filed under: - juliette — juliette @ 02:33

26 octobre 2020

immortaliser

Filed under: - juliette — juliette @ 21:26

treize

Filed under: - juliette — juliette @ 00:17

on a fait l’amour dans une grande serre en plastique, où la pluie résonnait trop fort. on a gardé nos pulls. en regardant l’heure sur son blackberry, j’ai vu ce message et j’ai compris qu’il avait quelqu’un d’autre, que c’était fini. et puis ma mère devait déjà m’attendre. je suis sortie par une déchirure dans la bâche, on ne s’est pas dit adieu. je le voyais se rhabiller en transparence et j’ai pensé que tout le monde le savait, dans le village.  je m’en foutais.

24 octobre 2020

collection, nom féminin III

Filed under: - juliette — juliette @ 12:30

réunion d’objets (notamment d’objets précieux, intéressants)

vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée, des diamants oubliés par L. dans les rainures de la table, la nostalgie d’un terrain vide, une aura jaune en plastique

sous la glace (immobiles)

Filed under: - juliette — juliette @ 00:16

Cette nuit je marche dans une ville de briques, quelque part entre la Hollande et la Belgique. C’est déjà l’hiver, là-bas. M. et moi portons le même manteau : long et noir jusqu’aux flaques d’eau. Je nous vois déambuler côte à côte, comme si je nous suivais, comme si je marchais dans nos pas. On s’égare sur une place close, bordée de maisons bruxelloises et de petits manoirs gothiques qui ressemblent à des maisons de poupées. Les pierres du rempart s’écroulent par endroit, on se tient sur le seuil d’une ouverture de fortune, qui plonge directement dans l’océan. Il y a un port, en face, où des gens patinent sur l’eau déjà gelée. J’ai peur qu’ils aillent trop loin, qu’ils tombent dans la mer. 

 

 

23 octobre 2020

doll house + secret lover

Filed under: - juliette — juliette @ 00:21

21 octobre 2020

phenoseanol (15%) linalol (8%) oxyde de rose (25%) beta ionone (5%)

Filed under: - juliette — juliette @ 22:09

collection, nom féminin II

Filed under: musardises,- juliette — juliette @ 00:46

réunion d’objets (notamment d’objets précieux, intéressants)

des boissons chaudes, une chandelle d’allumée, des nuits au 73,  un rêve bizarre, un cadeau jamais ouvert, la maison au mois d’août 80

19 octobre 2020

un amour de bibliothèque II

Filed under: - juliette — juliette @ 23:03

sur un air de harpe

Filed under: - juliette — juliette @ 00:14

18 octobre 2020

les ruines

Filed under: - juliette — juliette @ 00:17

Il y a ce texte que je lis, qui parle de cette illusion commune, croire que l’état naturel d’une maison, c’est d’être propre et rangée. Quand je suis rentrée dans la maison, inhabitée depuis quelques semaines, elle était déjà devenue sauvage : des centaines d’insectes nichaient dans le noir et une odeur de froid mouillé remplissaient les vides. 

Tout est vendu, les raccords du papier peint au plafond, l’écorce de l’arbre-maison qui pèle, le passage vers la forêt. On a voulu retrouver les ruines. Le bois noir était rasé. 

 

16 octobre 2020

ma profonde gratitude

Filed under: - juliette — juliette @ 18:33

15 octobre 2020

collection, nom féminin I

Filed under: - juliette — juliette @ 11:11

réunion d’objets (notamment d’objets précieux, intéressants)

 

 

une branche morte de l’hiver dernier, mon rêve d’un pyromane, une correspondance jetée et maman

 

une cabane abandonnée de plus

Filed under: - juliette — juliette @ 00:49

14 octobre 2020

j’ai volé ces photos avant que le vieux cinéma du centre ferme ses portes

Filed under: - juliette — juliette @ 00:01

13 octobre 2020

les semaines confinées accélèrent la vie

Filed under: - juliette — juliette @ 00:44

Les semaines confinées accélèrent la vie, on veut se souvenir des moments qui fondent et s’agrègent en un seul. Le matin, on met un réveil mais on ne se lève pas. On déjeune devant un camélia rose. On est dimanche, le quatrième depuis l’arrivée à la pitais, ou peut être le sixième déjà. Pour le moment, le temps file. C’est un jour de soleil, comme tout les autres, sauf qu’aujourd’hui il fait assez chaud pour allonger nos corps dans l’herbe quelques heures. On s’habille chaque jour de la même façon. S. arrange ses cheveux en une dizaine de petits chignons dans la glace de l’entrée. J’ai coupé ceux de M. et de C., deux fois chacun. On rejoue les journées en boucle. On réfléchit trop. On part marcher tous les quatre, ce dimanche, on change de département. Sur les bords des marais, les hérons s’envolent. M. fait venir de Bruxelles des thés compliqués, qu’il verse dans la tasse à l’infini. Les bouquets de fleurs des champs sentent mauvais mais personne ne s’en plaint. Quand on passe l’aspirateur c’est un génocide d’araignées. Un plaid mexicain couvre le canapé, dans le grenier. Les jours s’enchaînent trop vite. On travaille toujours aux mêmes places, autour de la table – une toile cirée jaune et bleue. Les poils du chat blanc sur les vêtements noirs de C. Le bruit du thé dans la tasse, du feu qui crépite. Au dessus de la cheminé, un symbole gravé dans le granite. La salle de bain du premier étage est cinématographique (dit C.). On se couche dans des draps trop parfumés. L’orage éclate au dessus de nous, des roulements graves suivent des flashs qui illuminent nos silhouettes, et rendent à la chambre sa couleur verte, pour un instant. Tous les quatre éveillés, les yeux tournés vers la fenêtre entrouverte qui laisse entrer l’odeur des averses dans les bois.

 

 

 

 

12 octobre 2020

l’office de 12h30

Filed under: - juliette — juliette @ 01:17

L’abbaye est un édifice magnifique qui a plusieurs fois brûlé. Aujourd’hui je suis ici et je ne sais plus vraiment pourquoi. Je rencontre Sœur B. au travers d’une grille d’environ quatre mètres de hauteur. Elle est arrivée ici à 23 ans, il y a une quarantaine d’années. Ses yeux bleus sont délavés. Ses doigts nerveux. Elle ne peut s’empêcher de les promener le long des barreaux, de les serrer, de les gratter du bout des ongles, tout en me parlant. Autour de son cou, un cliquetis métallique, dissimulé sous sa robe. C’est un prêtre qui est venu donner la messe ce matin à 10h, un homme. Pour l’office de 12h30, les Sœurs et la Mère Supérieure, derrière les grilles, encore, et moi, seule sur un banc. Elles ont allumé de l’encens, et la nuée s’est élevée dans les rayons de soleil qui filtraient dans l’église.

 

10 octobre 2020

thérèse et antoinette et moi

Filed under: - juliette — juliette @ 16:43

je suis dans une voiture avec mes deux arrières-grands-mères,

thérèse et antoinette et moi, toutes les trois en robes rouges et bijoux d’or

je ne vois pas leurs visages mais elles sont jeunes

seules les mains sont très vieilles et douces, je les tiens dans les miennes

la voiture est pleine de fleurs

on roule vers le cimetière

 

 

9 octobre 2020

un amour de bibliothèque I

Filed under: - juliette — juliette @ 14:08

les armoires vides, annie ernaux

8 octobre 2020

un morceau de journal

Filed under: - juliette — juliette @ 20:19

Sur le trottoir, il y a des flaques de couleur, souvent.
J’en ai prise une violette en photo.
Le soir, en rentrant, A. a explosé la théière de mes 18 ans en mille morceaux de verres coupants.

 

7 octobre 2020

jusqu’à la louvière

Filed under: - juliette — juliette @ 18:34

deux petites chapelles et un livre rouge

Powered by WordPress