Errances

12 avril 2020

Décollage

Filed under: - le morse — Le Morse @ 17:43

Je vais tout retourner. Je veux écrire férocement, chaque mot avec l’impact d’une balle. L’arme des mots, les mots pour conjurer la mort. Comme pour enrayer la machine. Une machine qui grandit, qui nous porte et dont les agressions quotidiennes me plombent à m’en saigner au cutter. Cette putain de machine composée de milliard d’individus. On a rien à voir les uns avec les autres. Individuum. Indivisible.

Incompréhension totale dans le vacarme des avions de chasse, des rames de métro, des cris manifestants et de leurs matraques policières, des hurlements porcins ou bovins dans les abattoirs, des respirateurs dans les hôpitaux, des allocutions politiques ouvertement insultantes de démagogie, des publicités aveuglantes et des complaintes superficielles d’une masse d’individus individualistes. J’en gerbe de voir ce bordel constant. J’en gerbe au point que la vue de chacun de mes semblables m’évoque le dégout de la trahison, l’horreur du mensonge, la rage de l’égoïsme.

Avec une histoire comme celle de notre espèce, le tranchant constat est que la chronique chaotique de l’Homme reflète la fierté, l’arrogance, l’égoïsme de chaque individu. L’esprit de vengeance amène au cycle de la haine. Je me venge avec la force de mes armes, des mots tombés du ciel comme des bombardements aériens.

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