Errances

24 mars 2022

L’évêque

Filed under: - Casimor,passerelles — Casimor @ 00:54

Solveig n’a plus soif de terrasses, elle a mis les œillères. Elle ne voit que  son travail. Le reste lui siphonne son argent, son moral et sa santé. Les pintes ne lui manquent pas, les nouvelles de la dépêche non plus.
Le récit effréné et terrifiant de l’humanité ne lui a apporté rien d’autre que plus d’angoisses et de haine.
Démunie face à la morbidité de l’information, à la furie grandissante dans les bars, à la colère des un.es, à l’abattement des autres, elle s’est rabattue sur un mépris par défaut.
C’est quand elle a râlé contre un facteur absent qu’elle s’est alarmée.

Merde, ça fait combien de temps que j’ai pas été heureuse de me lever ?

Je n’aime même plus aller au bar.

Je vais finir comme cette pauvre Corinne à cracher sur les jeunes du comptoir .

Elle a repris la piscine, elle a coupé les ponts, elle travaille, elle a besoin de quelques mois de journées simple.
Avant de se laisser perdre les pédales.

Après une semaine de calme, loin des discours fallacieux, des nouvelles délirantes, de la détonation d’un.e céphaloblasté.e, une main sonne à sa porte.
Solveig habite une de ces grandes tours en terre cuite de Mont-Michel: personne ne sonne au porte à par les invités ou la police.

Il est 13:37 c’est son jour chômé.

Le repos c’est sacré putain !

En ouvrant la porte elle trouve un trentenaire qui cachait son visage derrière une barbe grotesques, d’épaisses lunettes de soleil et une capuche.

Lucifer est tombé mademoiselle.

Il habite dans cet immeuble ? –

-Non il est plus vieux que nous tous ! C’était une créature du Ciel !

Solveig réalise que c’est un de ces prêcheur post-catholique. Un héritier de ces dévoués déçus par la chute de la Sainte-Eglise Catholique en Ventôse 137. Sa mère lui avait raconter en avoir connue dans son adolescencen apparemment il en reste.

Vous êtes précheur.euse ? –

Je suis venu vous porter ce message :

La lumière divine est tombée sur terre et les céphaloblasté l’ont ramassée.

Ses deux mains jointes se sont plaquées sur son visage. Il commence à chanter d’une voix claire que ses mains n’étouffent pas.

Sa capuche, en tombant, emporte sa perruque. Ses lunettes, posées sur un masque blanc étaient encore tenus par ses mains quand il se retourna pour rejoindre les escalier. Il n’avait même plus de bouche, c’était un menton prolongé par les lignes du reste de sa mâchoire.

Elle l’a entendu chanter jusqu’à ce qu’il rejoigne la rue.

Aucun commentaire »

No comments yet.

RSS feed for comments on this post.

Leave a comment

Powered by WordPress