Errances

6 février 2023

Mandragora, colonie du mal : jour 1

Filed under: rambling,- latige111 — latige111 @ 21:55

Ça fait maintenant 111 heures que je pousse, et je commence à sentir un peu les rayons de lumière qui frôlent mes pétales de tête. Je m’étend au maximum et tente de combiner l’énergie qu’ils dégagent avec celle que j’absorbe depuis tout ce temps dans ma terre natale. Je pousse un peu plus, je veux sortir la tête, mais je manque de force. Ma graine a dû avoir la mauvaise idée de se déposer dans un coin sombre de la forêt, là où traînent les vieux sapins-mercenaires à la retraite et les guerriers-bêtes et méchants. Un coin mal famés quoi. Heureusement, je suis Mandragora, de la colonie du mal, je peux me défendre facilement des prédateurs grâce à mon feuillage épineux, le temps d’accumuler assez d’énergie pour sortir et rejoindre ma famille. Un bruissement juste au dessus me sort de mes pensées sombres. On dirait un son métallique, étouffé par le filet de terre qui me sépare de l’air libre. Sur mes gardes, je dresse mes épines, qui se réchauffent et absorbent enfin assez de lumière pour sortir la tête. Je découvre un grand mec, tout en doré qui vole juste au dessus de moi. Il porte : une cape rouge de frimeur, un casque doré en forme de cornes, des bottes dorées de champion et une belle cisaille dorée, avec laquelle il taille les frondaisons en sifflotant. Il a beau être agaçant avec son look de goldorak bling bling qui se la pète, c’est bel et bien grâce à lui que j’ai pu sortir de ce bourbier. Je m’aperçois que l’air brûle mes poumons, c’est la première fois que j’en respire autant. Un petit cri m’échappe et attire l’attention du jardinier doré, qui se penche dans ma direction. Une voix de velours s’échappe de son casque brillant :
« Petite ! Je t’ai enfin trouvé ! Cela fait 111h que je te cherche ! L’ordre du monde est déréglé, l’équilibre entre le bien et du mal s’est écroulé. Personne ne sait pourquoi, et comment revenir à la normale, mais des catastrophes éclatent partout dans l’univers.
Écoute moi : ta famille a été capturée par une guilde de magiciens. Iels veulent les transformer en potion de force pour survivre dans ce monde aux allures d’apocalypse.
Pour les sauver, tu dois aider à restaurer l’ordre du monde, sinon tu finiras aussi en potion magique ! »
Épouvanté de ces mauvaises nouvelles, je me trémousse, essayant en vain de sortir mes racines.

4 février 2023

jour 72 : les mots comme des pierres

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« Ma vision, ma représentation

c’est de sortir des mots comme des pierres du fond d’un puits

ou d’une rivière »

 « L’écriture a cette fonction de sauver le temps »

Annie Ernaux

1 février 2023

jour 71 : elle a bientôt 30 ans

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Aurora aujourd’hui :

 » Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du printemps, et aussi de notre propre mort mais le printemps en premier donc ça va « 

30 janvier 2023

jour 70 : définition

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Étale / renverse : se dit de la mer ou d’un cours d’eau lorsque son niveau est stabilisé (après ou avant la marée montante, après ou avant une crue)

jour 69 : j’ai oublié le goût goût goût goût goût goût goût

Filed under: rambling,- latige111 — latige111 @ 04:17

Tu t’échappes

Et j’ai oublié le goût

Tu t’échappes et

J’arrête de courir

J’ai oublié le goût à la renverse

Au creux du ventre de ma falaise

Les vagues s’écrasent toustes ensemble

A l’étale j’ai oublié le goût et

J’attends le dernier bout d’écho qu’il te reste


Nb : Peut-être un goût de sel de céleri ?

24 décembre 2022

jour 68 : il me rapportera une bille de verre

Filed under: - latige111 — latige111 @ 19:54

Ça fait quatre nuits que je dors mal j’angoisse ça veut pas s’arrêter là haut j’ai lu sur internet que j’étais peut être en burn-out et je me suis dit que c’était quand même un peu jeune 21 ans pour faire un burn-out.

jour 67 : elle n’eut aucun rêve de lune

Filed under: - latige111 — latige111 @ 19:52

Ici on ne parle pas, regardez les avec leurs traumatismes enfouis. Ici on fait preuve de discrétion, on ne veut pas être l’intrus dans l’intime. Pendant que mes poumons crasseux sifflent et se vident ça m’apprendra à fumer comme un pompier je fais que de pleurer alors que c’est noël et elle me dit que faut pas pleurer parce que yen a qui sont plus malheureux que moi alors qu’elle pourrait me demander ce qui se passe dans cette tête fiévreuse à quasi 39 degrés. Ici on ne parle pas et souvent j’ai l’impression de pas les connaître finalement ces deux enfants géants que je côtoie depuis si longtemps. Ça me rend trop triste bref je pleure encore joyeux noël.

jour 66 : mourra ces pauvre gens

Filed under: - latige111 — latige111 @ 19:39

Regardez les, noyés dans le sombre, l’air renfrogné sur le canapé, les bras croisés. Regardez la qui accroche les boules dans le sapin, la lumière est triste alors elle allume des bougies mais ça change pas grand chose. Le sapin c’est toujours le même il a perdu la moitié de ses aiguilles et il paraît tout petit maintenant. Ya quelques décos qui rappellent des bons souvenirs, elles semblent venir d’un temps où Noël c’était pas capitaliste : certaines boules sont en bois peint un peu élimé par le temps. On dirait des vrais objets rituels d’une vraie fête, qu’on fait pas par habitude. Regardez les en même temps iels sont heureuxses de se retrouver, malgré le carrelage tout froid par terre.

 

14 décembre 2022

jour 65 : délavé·e

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Souvent mon corps s’échappe de ma tête et je deviens un humanoïde. Je fais ce que je fais sans y penser, sans en avoir vraiment envie ou vraiment pas envie. J’ai pas l’énergie de le faire mais jsais pas ce que je pourrais faire d’autre. En même temps ça va parce que l’ombre n’est plus accrochée aux poils sur ma nuque et en même temps ça devient blême, mes murs sont délavés. C’est quoi, moi, quand je suis comme ça ?

11 décembre 2022

jour 64 : joyeux 11 d’ailleurs

Filed under: - latige111 — latige111 @ 18:06

J’aurais bien aimé les acheter pour ma collection mais 11 euros la carte postale ? Même si c’est mon chiffre préféré ya pas.

10 décembre 2022

jour 63 : Labyrinth Mixtape (ça sera peut-être le titre du livre)

Filed under: - latige111 — latige111 @ 03:01

En même temps si on se parlait enfin je sais pas si j’aurais quelque chose à te dire.

jour 62 : Bob

Filed under: - latige111 — latige111 @ 02:57

Quel est ce fil ténu ?

Plein de soleil à vous.

 

jour 61 : dramaqueen

Filed under: - latige111 — latige111 @ 02:53

J’ai rêvé de toi l’autre nuit. Ça m’a rendu triste. Tu sais, je pense de moins en moins souvent à toi, il faut croire que j’ai perdu l’habitude. « C’est comme si on t’arrachait un morceau de toi ». Je l’ai rempli d’autres choses, parfois ça m’échappe et me troue le thorax. On m’a dit que tu étais content pour moi, j’aimerais en faire de même. Tu résonnes encore un peu.

Écho : effet d’une onde acoustique qui parvient à un point donné, après réflexion, avec une intensité et un retard suffisants pour être perçue comme distincte de l’onde directe par un auditeur placé en ce point.

jour 60 : braëllo

Filed under: - latige111 — latige111 @ 02:41

Iels se roulent par terre, se disputant pour une grosse framboise trouvée près des hortensias. Margot leur crie d’arrêter, iels pourraient se blesser avec leurs pattes griffantes.

jour 59 : bravo

Filed under: - latige111 — latige111 @ 02:39

Le travail d’Ulrike Ottinger me fascine alors que je n’ai vu aucun de ses films.

jour 58 : ça pue et ça gratte

Filed under: - latige111 — latige111 @ 02:35

Je la déteste et pourtant elle n’a rien fait. Elle est super et ça me dégoûte. Et je me dégoûte de ressentir ça. J’arrive toujours pas à écrire sur la jalousie. Juste ça pue et ça gratte, c’est nul. Ça n’a aucun fucking intérêt. Peut-être que ça va juste enfin me déter à me remettre à la musique, juste pour être mieux qu’elle.

jour 57 : j’irai jusqu’en Alaska

Filed under: - latige111 — latige111 @ 02:26

Mais quand je m’habitue au vide en dessous ça devient assez banal. Banal c’est pas péjoratif, parce que ça veut dire que c’est simple, sans prétention. Peut-être que ça devrait être comme ça plus souvent.

Banal : extrêmement commun, sans originalité

jour 56 : mais je sens que ça me fait quelque chose que tu m’échappes

Filed under: - latige111 — latige111 @ 02:20

Ce soir là j’étais creuxse mais comme j’avais mon gros hoody je me cachais en dessous, la nuit est tombée d’un coup dans la salle info et j’avais hâte de rentrer alors j’ai scanné vite, sans réfléchir, je choisissais mes images à la lueur de l’écran. Claude a d’ailleurs trouvé que je faisais un peu peur tout au fond de la grotte. Au final ce texte va bien avec cette carte postale, parce que l’amour et tout ce qui va avec ben ça me fout le vertige.

Fiévreuse Plébéienne

7 décembre 2022

jour 55 : c’était mon anniversaire

Filed under: - latige111 — latige111 @ 01:59

Alors pour fêter ça je vous joins mon faire part de naissance (no joke).

jour 54 : promis j’ai plein de trucs à scanner

Filed under: rambling,- latige111 — latige111 @ 01:54

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(maon coloc m’a demandé premdeg si je parlais latin)

27 novembre 2022

jour 53 : cabane

Filed under: - latige111 — latige111 @ 18:08

jour 52 : madame

Filed under: - latige111 — latige111 @ 17:59

 » Les courages de l’esprit dominent les orages du cœur  » Caroline, la grand-mère de Stéphane

Le film Madame de Stephane Riethauser est super. C’est un dialogue transtemporel entre Stéphane le narrateur et Caroline sa grand-mère décédée. Tfaçon c’est vraiment ma came les docus qui parlent de famille et de constructions sociales avec des archives visuelles et sonores.

jour 51 : plus gros fou rire de la semaine

Filed under: - latige111 — latige111 @ 17:50

Il m’en faut vraiment peu

 

jour 50 : convalescence

Filed under: - latige111 — latige111 @ 17:43

Pendant un an, j’ai caché un bout de chair sous mon lit. J’avais pas le choix, on l’avait trop baladé, il était bossu et coulait par tous ses pores. J’ai essayé de le sortir quelques fois, mais vite il s’infectait, alors je devais l’embaumer et le remettre dans ma boîte sous le lit. Je me reconnaissais plus parce que pendant des millénaires je l’avais prêté sans dire qu’il s’appelait reviens. Ça a été long de le réanimer, parce que je voulais la totale, là, tout de suite. Et dès que je croisais l’Echo, ça suintait, encore et encore. Je crois qu’on appelle ça une convalescence. Cet été il faisait beau alors je l’ai ressorti un peu, trempé dans l’eau et dans la terre. Je l’ai même laissé traîner quelques aprèms sur un radeau. Je crois que ça lui a fait du bien.

24 novembre 2022

jour 49 : papa

Filed under: - latige111 — latige111 @ 14:19

jour 48 : maman

Filed under: - latige111 — latige111 @ 14:19

22 novembre 2022

jour 48 : trouvé par terre dans la ville rose

Filed under: - latige111 — latige111 @ 11:51

jour 47 : le rappel des oiseaux

Filed under: - latige111 — latige111 @ 11:45

ça montre un rituel funéraire au Tibet. Iels donnent le corps aux vautours de la montagne puis réduisent le reste en bouillie avec une sorte de hache-couteau. Dit comme ça ça a l’air glauque mais en réalité c’est assez beau.

20 novembre 2022

jour 46 : la vie têtue pt.3

Filed under: - latige111 — latige111 @ 18:03

19 novembre 2022

jour 44 : 11

Filed under: - latige111 — latige111 @ 23:57

Des 11, Bérénice en avait toujours vu autour. Au début, iel les suivait par ennui, et commença par prendre le bus 11 simplement pour voir ce qu’il y avait au bout. Au fur et à mesure de ses filatures, les 11 devenaient comme un protocole d’exploration du monde. Ael glanait toujours quelque chose en chemin qui lui plaisait pour enrichir ses collections de collections. Quand iel était perdu.e, c’était plus simple de suivre les 11 que de prendre soi même des décisions. On lui disait que c’était un truc d’illuminé.e mais après tout ils l’accompagnaient toujours dans une bonne direction. Quand iel allait mal, les 11 disparaissaient. Cela durait quelque semaines, ou au maximum quelques mois. Ils finissaient toujours par ressurgir, crescendo, jusqu’à peupler son quotidien. On lae traitait d’illuminé.e, mais iel s’en foutait, car l’Echo dans la chambre rose comprenait que c’était sa manière de se raccrocher au dehors.

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