Errances

15 mars 2023

sans nom 2

Filed under: - marion — Marion @ 17:03

Est-ce que je ne prends plus le temps d’écrire
Ou est-ce que mon corps écrasé par le temps n’arrive plus à tirer vers lui les fils de l’expérience
Ces deux derniers jours j’aurais dû être emportée par les phrases
Mais ma tête lourde dans le ciel gris ne sait plus très bien ce que c’est que de vivre

Le chat dort en bougeant ses petites pattes
Dehors dehors c’est la révolution
Et je suis clouée au lit
Je reviendrai dans quelques jours
Quand j’aurai réussi à écrire
Et que j’aurai bu du café

J’arrive – mais ne m’attendez pas
Jetez des pavés créez de belles choses
Et montrez-moi à mon retour
Pour m’accueillir à nouveau parmi vous

4 mars 2023

projet de mémoire(s) ?

Filed under: - marion — Marion @ 12:47

Le sujet post-moderne évolue parmi les fragments : c’est cela avant tout que je veux montrer. Fragments d’espaces, de pensées, de relations, d’idées vagues sur le devenir du monde. Prises de vue floues et quasi-photographiques à afficher sur la page des souvenirs, emportées au vent, gardées par chance et conservées précieusement parce qu’elles se font rares – les années passent et la durabilité diminue.

24 janvier 2023

processus de construction d’un livre

Filed under: - marion — Marion @ 10:24

Dans le café où je vais tous les matins écrire, j’explore les recoins, j’imagine des possibles. Il y a en face de moi une double-porte et je ne rêve de rien d’autre que de la voir s’ouvrir sur un soir d’été. Le patio n’est pas chauffé et je garde ma fourrure d’une autre époque à l’intérieur du bar anachronique où je me sens abritée. À droite, un miroir et une fenêtre nient ouvertement le mur bordeaux, comme deux petites peintures plus fraîches que nature. Les reflets sur les portes vitrées se refermant font défiler le monde caché du bar, de l’autre côté du mur juste assez ouvert pour m’en révéler les indices.
En dix minutes le café est froid, la place est plus grise que bleue et nous sommes entré·es dans le jour.

12 janvier 2023

deux heures du matin, l’heure maudite

Filed under: - marion — Marion @ 13:33

Dans 31 jours j’aurai 21 ans, les saisons se succèdent et mes parents vieillissent. Des cheveux blancs sont venus doucement encadrer leurs visages, si délicatement que je ne m’en suis presque pas aperçue ; mais maintenant ils se regroupent en mèches sur les tempes de ma mère, la barbe de mon père glisse du noir au gris ; et je repense à ces photos de mon grand-père à 40 ans, où je ne le reconnaissais pas, et le vent froid du temps soufflant sur ma nuque me murmure qu’eux aussi, ils vont changer. Parfois il va même jusqu’à dire qu’un jour ils vont mourir, et la Terre s’arrête de tourner et m’avale, jusqu’à ce que l’idée suivante vienne chasser ce néant et ramener dans ma poitrine une tiédeur qui ressemble à la vie.

en cours

Filed under: - marion — Marion @ 13:29

9 janvier 2023

embryon d’une lettre (dramatique) aux jeunes artistes

Filed under: - marion — Marion @ 14:26

« L’absence, le vide, le manque – qu’avez-vous fait d’eux ? C’était notre seul bien. »
C. Bobin, Le muguet rouge

Chèr·es camarades,

Je crois que comme moi vous voulez vous retirer du monde. Chaque moment de l’histoire est unique, et nous, nous sommes la génération du trop. Oui, d’autres avant nous ont pu éprouver le danger de la démultiplication de tout – objets, images, controverses et groupuscules – mais nous sommes les premièr·es à en être étouffé·es. Le monde est devenu trop grand, bruyant, multiple, violent, muet et étriqué, et le besoin de lui échapper n’a jamais été aussi pressant. Nous avons deux choix, deux échappatoires : le choix de la mort ou celui de la vie. Les écrans ou les histoires. La simulation du dehors – ces fausses fenêtres projetées sur les murs, crachat millénaire sur la tombe de Platon – ou l’exploration du dedans.

Je ne perds pas espoir, et vous ne devriez pas non plus, parce que je pense que la situation terrible de notre naissance nous ouvre aussi les yeux ; et je dirais même, avec tout l’orgeuil de notre génération, que nous sommes plus lucides – pour celleux qui lèvent les yeux vers le monde – que nos sociétés l’ont été depuis longtemps. Réveillé·es par la peur d’un avenir inhumain, comme un seau d’eau jeté à notre âme dans la nuit des écrans, nous cherchons à retrouver un rapport au monde, un point d’accroche dans la tempête des idées et des images ; un abri. Un espace calfeutré où détendre nos muscles, reposer nos idées et déployer notre âme sans craindre de la froisser, de la déchirer aux vents contraires. Ainsi, nous nous replions vers le port de l’enfance, et nous réglons notre exploration enfantine sur celle d’usage, autrefois, pendant les jours de pluie : nous partons à la découverte de nos anciennes histoires et de nos propres maisons.

8 janvier 2023

nature morte à la pile de linge – étape 1

Filed under: - marion — Marion @ 17:02

6 janvier 2023

je paniquais et maman a dit

Filed under: - marion — Marion @ 21:05

« La création est un acte terrifiant »

aïe ma tête

Filed under: - marion — Marion @ 15:17

nous ouvrons les yeux sur le monde ébréché

4 janvier 2023

la cigale ayant chanté tout l’été

Filed under: - marion — Marion @ 22:37

3 janvier 2023

peut-être qu’en 2023 j’écrirai un livre

Filed under: - marion — Marion @ 14:33

Est-ce que tous les changements de décennie s’accompagnent d’un changement de réalité ?

28 décembre 2022

quelques jours avant 2023

Filed under: - marion — Marion @ 15:17

Par le trou de la serrure
Et par le velux entrouvert
La fiction se déploie dans les interstices
Ce que je ne vois pas c’est toujours ce que j’aime le mieux

26 décembre 2022

23 décembre

Filed under: - marion — Marion @ 13:22

Le ciel passe du blanc au gris, du gris au bleu, du bleu au noir. Mon corps a du mal à retrouver ses forces et les jours passent comme un nuage de coton. Je m’éveille, je m’endors, le diable appuie sur mon crâne et m’empêche de bouger ; j’ai tout le temps du monde – je pense à mes amours, et je pense à Venise.

19 décembre 2022

vacant

Filed under: - marion — Marion @ 19:19

Le temps vole comme les mouches des après-midi
L’été, les dimanches, les après-midi blanches et les longs soirs d’hiver où plus rien ne frémit
Pas les feuilles pas le vent pas même les corps figés
Seulement dans l’air la trace des expirations
Et la fin d’un amour

16 décembre 2022

Thé café bougie parfumée et soleil d’hiver

Filed under: - marion — Marion @ 15:48

Le thé se boit dans une tasse lisse mais le café se boit avec une anse

L’hiver épaissit la fumée parfumée du café dans sa tasse

La bougie allumée après le ménage oscille doucement au son du saxophone

Prenons le temps d’oublier

De ralentir les battements du monde

Ressentir la peau de nos joues

Et les choses sous nos doigts, les choses posées, plantées dans le monde

Atmosphères individuelles

Aujourd’hui serait différent si la tasse était bleue

Ou la nappe blanche

14 décembre 2022

il se trouve que

Filed under: - marion — Marion @ 00:12

c’est bientôt Noël et il y aura bientôt un peu plus de place dans mon cerveau

je vais vous écrire des romans vous perdez rien pour attendre

10 décembre 2022

-3 et tant à faire

Filed under: - marion — Marion @ 03:23

rouge derrière les yeux et pointes dans la nuit de glace

8 décembre 2022

erasmus erasmus

Filed under: - marion — Marion @ 10:48

J’ai vu les photos de Venise de Louise aujourd’hui ; et maintenant je ne suis plus ici mais à nouveau là-bas ;
j’ai à nouveau 17 ans ;
l’air est chaud et le monde est ouvert

4 décembre 2022

senontipiacefalostesso

Filed under: - marion — Marion @ 22:18

verre à vin noir, cadre miniature et dessin au crayon sur kraft rectangulaire

— j’ai tellement froid aux pieds que ça remonte jusqu’à ma gorge

quelque part sous les couches et les couches de vêtements
les jours et les jours de déambulation
et les heures pâles d’hiver

quelque part peut-être les choses avancent
et le temps s’écoule

(j’ai mal à la côte mais vous serez ravi·es d’apprendre que le tatouage est trop Stylé) (et ressemble en fait un peu à La lumière lunaire de Man Ray) (parce que mon amie c’est Man Ray en fait) (le secret est découvert)

3 décembre 2022

ce soir j’aurai un nouveau corps

Filed under: - marion — Marion @ 14:32

je m’en fais me faire piquer les côtes à répétition par une amie
je ne pense même pas à la douleur
à peine à ce à quoi mon corps va ressembler après
une fois qu’il portera une marque indélébile
je ne pense à rien – à part la super tisane qu’elle va me donner pour oublier la douleur
et aussi que c’est stylé de se faire tatouer au milieu de toutes les plantes et les meubles faits main de mon amie

29 novembre 2022

Filed under: - marion — Marion @ 23:25

Quand est-ce que tout s’aligne et que le temps redevient plein
Ne sonne plus creux quand on l’effleure la nuit
Juste avant le sommeil
Dans la suspension de l’esprit

Sur l’étagère une enfilade de livres de bibliothèque pas encore ouverts
Il faudra trouver un chemin au milieu des miettes
Et le chat ne sait toujours pas miauler
Elle couine ou elle gargouille comme un cochon d’inde
Mais jamais un « miaou »
Et jamais de soirée comme il y en avait au lycée
Calfeutrée chez mes parents
On attend l’heure du dîner en lisant un livre

Voilà : où sont les heures libres
Respirant dans le soir
Où quelques pensées ondulent comme la fin d’un bon feu

Mes ami·es ne veulent pas être vie·lles·ux mais moi je me réjouis de retrouver un jour les heures douces entre 18 et 23h
Et la suspension d’un 25 décembre ou un 1er janvier
Occuper le temps comme si rien ne pressait jamais notre corps à aller dans le monde, nos muscles à se tendre et nos yeux à s’écarquiller

Une casserole crépite sur le feu
On met un CD de jazz et on prend un plaid sur le canapé
Et demain est bien loin
Si loin encore qu’on ne le voit même pas

Voilà ce qu’il faudrait
Après des semaines comme celles-là.

23h41,

Filed under: - marion — Marion @ 00:55

heure moyenne du post Errances.
Suite de jours et de listes barrées à la fin de la journée, un tiret subsiste peut-être, l’équilibre est préservé.
Pour la suite : édition épistolaire, ou récit de voyage, ou recueil de scènes de vie et de souvenir ; osciller c’est toujours être en mouvement, tiens c’est presque une danse.
P… s’en va le semestre prochain, il faudra essayer d’aller le voir, une bonne excuse pour passer par Prague. Explorer le monde tant qu’il est encore temps. Se saisir de toutes les beautés à notre portée, surtout : pas de gâchis. Pas de regrets. (Mais du niais, manifestement. Peut-être que passée une certaine heure nous tombons toustes dans le cliché.)

23h47, la lumière jaune de la lampe qui éclaire les murs et les miroirs, les cadres et les plantes, les vêtements posés et les sacs suspendus. Tentative d’épuisement d’une chambre rennaise, Perec – après les deux petites éditions il faudrait que je finisse un livre.
Rien de ce qu’on envoie dans l’univers ne se perd et mes pensées se décousent, pendant que ma vie s’ordonne, s’installe, prend sens doucement.

23h50 – oups plus beaucoup de temps, qu’est-ce qu’on va faire ?
Aujourd’hui j’ai imprimé tous les textes de cet été ; il faudra les retoucher, les choisir, les affiner ; mais peut-être qu’il y aura un livre au printemps. Si le printemps revient. Je ne suis sûre de rien et je n’ai pas encore cuisiné de pancakes à Salomé – s’il ne fait plus jamais bon ce sera peut-être de ma faute.

23h52. Allons faire de la pâte à pancakes.
(Je mens. À part Grisouille, plus personne dans cet appart n’a d’énergie pour quoi que ce soit. Bonne nuit les ami·es :)

27 novembre 2022

pas de regrets mais quelques larmes

Filed under: - marion — Marion @ 16:34

« La jeune femme parle lentement. Parfois elle se tait. Elle laisse ses mots la chercher. Il n’y aura jamais rien entre cette femme et vous, que cette parole calme dans le jour qui s’en va. Il n’y aura entre elle et vous que ce qu’il y a entre les gens, parfois, qui existe sans jamais atteindre les consciences, sans jamais arriver nulle part dans le monde : un amour de nulle part. Un amour de nul amour. On ne sait pas comment le nommer. On peut dire l’amitié, si on veut. C’est un des mots les plus proches. On peut dire aussi bien le début de l’automne, la faiblesse des lumières dans le ciel, l’invisible paysage. Maintenant on est dans la nuit. On le sait parce qu’un enfant le dit et s’en étonne. Vous êtes fous de rester comme ça, pourquoi vous n’allumez pas. La conversation prend doucement fin. Le paysage est défait. Quand on regarde la vitre, on ne voit plus rien. On ne voit plus la terre, ni le ciel – qui est fait de terre aussi, mais d’une terre plus claire que l’autre, moins soucieuse d’elle-même. On allume une cigarette. On boit un verre pour le plaisir de s’attarder. On pense une chose qu’on ne dit pas. On pense qu’on a très peu de temps dans la vie, qu’un an dure comme un sourire, que dix ans passent comme une ombre et que, dans si peu de temps, il ne reste qu’une seule chance, qu’une seule grâce : devancer notre mort dans la légèreté d’un sourire, dans l’errance d’une parole. Parler avec cette voix blanche de l’après-midi, avec cette voix blanchie par l’émotion, exsangue. Parler avec cette voix nue, exposée à l’acide d’un silence. Avec cette voix légère, longtemps brûlante sous le soir qui l’étouffe. On se lève enfin. On se quitte puisqu’il faut se quitter. Dehors c’est la nuit. On fait quelques pas dans le noir. Il y a, dans l’air chaud, comme un orage qui s’annonce, comme un amour qui s’avance. »

– Christian Bobin, La part manquante, p83

26 novembre 2022

Cher ami,

Filed under: - marion — Marion @ 14:48

Christian Bobin est mort. Je ne pourrai plus jamais lui écrire. Ça lui va bien de partir en automne, quand le froid dore les forêts. Chez lui, dans sa clairière, ce doit être très beau.
Il se tait mais il persiste, comme un très bel écho, et pendant un court instant j’ai pu mêler ma voix à la sienne : c’est tout ce qu’on peut espérer, je crois, de quelqu’un comme lui. Ça suffit à la beauté, ça adoucit le chagrin.

Je ne suis pas encore triste, mais ça viendra bientôt. Peut-être quand je te verrai demain ; peut-être que quand tu poseras sur moi tes yeux tristes et inquiets je pleurerai un peu. Mais, tu vois – tu le connaissais comme moi, puisque tu l’aimais autant – il portait en lui l’annonce de sa mort, la douceur du repos qui se prolonge, qui dure ; qui reste comme lui restait, paisible, contemplatif et bien d’accord avec la matière de l’air et la couleur des feuilles.

En rentrant à Rennes dimanche je relirai La Part Manquante, et là aussi, peut-être que le chagrin arrivera. Dans le train, hier, A… m’a appris son décès ; et en descendant à Montparnasse je suis allée me recueillir devant la maison d’Agnès Varda, que tu as aimée comme je l’aimais lui. Je t’ai pris ton lieu de recueillement, j’ai pensé que tu ne m’en voudrais pas. J’ai voulu être proche du sentiment que tu as eu, il y a quelques années. J’avais besoin d’un lieu pour accueillir ce que je ne savais pas encore formuler : des hommages, du deuil, du respect ; une certaine entente avec le monde.

Cher ami, nous avons parlé hier, alors je n’écris pas cette lettre pour toi, je me répéterais trop ; mais je l’écris tout de même, tu vois, j’en ai besoin. Et après t’avoir parlé, je crois, je lui parlerai, à lui. Je lui écrirai une dernière fois. J’ai toujours pensé que c’est très important de s’adresser aux morts. De ne pas les laisser seuls. (Je ne peux pas le croire. Je t’ai dit hier, au téléphone, que cette nouvelle ne me choquait pas ; qu’il m’a toujours paru « effacé », près de la nature, près du cycle des choses – ce que je n’ai pas formulé, mais qui est au fond l’idée que je voulais exprimer alors, doit être celle-là : tout comme ça lui allait bien de vivre, ça lui va tout aussi bien de mourir, et pour ça il mérite, je crois, mon respect éternel. Hier je t’ai dit ça, et tu étais d’accord avec le terme, mais tu étais tout de même plus surpris que moi. Et je pense que, alors, je n’avais pas vraiment saisi la réalité de ce qui était arrivé. Et maintenant, maintenant, le mot descend dans ma gorge. Je n’ose pas relire ses lettres, il le faudra pourtant. Il faudra le regarder dans les yeux.)

Cher ami, soyons tristes ensemble. Marchons main dans la main près de la Seine comme des personnages de la Nouvelle Vague, doucement, très doucement. Regardons les couleurs du bel automne et pensons qu’il est parti. J’ai hâte de te voir, toi qui pourras partager ma tristesse sans l’habiller de trop de mots, de trop de réconfort ; toi qui sauras quoi dire et quand te taire ; toi qui me raconte toujours de très belles histoires.

À demain.

23 novembre 2022

coucou Errances

Filed under: - marion — Marion @ 22:43

il est 21h38 et je vais me coucher (y’a quoi), mais c’est pas ma faute le vin blanc du frigo était vraiment agressif et du lever au coucher du soleil depuis quelques semaines il y a toujours un monde, alors ;
prolongeons le monde de l’oreiller

je glisse le long des murs et les vagues me recouvrent
me bercent et me réchauffent
c’est fini c’est fini
pour aujourd’hui au moins tu n’as plus à bouger
plus même à penser tu répondras plus tard
tu aimeras plus tard et puis tu as mangé
plus besoin de penser à quoi te préparer
(même si pour être honnête ces temps-ci c’est terrible
de mes trois aliments aucun n’est vraiment sain
ce week-end je rentre – on viendra me sauver
et je me réconcilierai avec l’odeur des cuisines)

aïlle ma tête

22 novembre 2022

Marion, au rayon Noël de Monoprix :

Filed under: - marion — Marion @ 20:21

« Seigneur donnez-moi la force de résister.  »

Je me fais des films en rentrant dans les rues scintillantes et je souris très très grand en marchant dans le froid

it’s the happiest time of the year ou quoi ?
(j’adore Noël.)

21 novembre 2022

la minute épistolaire (4)

Filed under: - marion — Marion @ 20:50

«  Chère ***,
On est dimanche, et je n’ai plus de timbres ; j’irai à la poste demain, mais en attendant me voilà avec un jour de plus pour t’écrire. Le chat est calme, la vaisselle est faite ; hier je suis allée à l’opéra voir
Enfants Terribles et c’était la première fois que je voyais des pianos tournoyer. Le soleil perce immense derrière la fine couche de nuages et j’aimerais te montrer la table de mon salon : des feuilles volantes noircies, le petit carnet ouvert, et un très bel exemplaire, vieux et relié comme ceux des bouquinistes qui bordent la Seine, des Liaisons Dangereuses – que je recommence au début après les avoir interrompues il y a quatre ans, et qui me font bien rire. Et, dépassant de la petite enveloppe bleue d’où je ressors cette lettre, une fleur d’hortensia séchée – une fleur bleue, d’ailleurs ; tiens donc.
***, j’aimerais te raconter plein d’histoires. Parmi les vraies, parmi les miennes, j’en ai de très jolies. Je voudrais t’offrir à dîner et que tu me racontes les tiennes, celles dont le refrain te revient souvent, celles qui résonnent encore, et celles qui se sont tues.  »

Bonsoir bonsoir, après quelques jours de silence je reparais dans vos boîtes aux lettres ; subrepticement ; d’aucuns diraient mystérieusement…

18 novembre 2022

la toute petite griffe

Filed under: - marion — Marion @ 00:24

aïlle ouïlle Grisouïlle putain

(elle ne sait pas que je passe ma vie à plonger mes mains dans le white spirit) (you heard of souffrir pour être belle ; qu’en est-il de souffrir pour être heureuse ?) (sérieux elle me mord les pieds) (on est où là)

Mais bon elle a une toute petite tête on lui pardonne.

17 novembre 2022

la minute épistolaire (3)

Filed under: - marion — Marion @ 00:05

Mon ami m’a répondu ! (C’est comme si, pour quelques lignes, je vous écrivais à vous toustes. J’aime beaucoup.)

« De mon côté, je crois que ça va mieux. Le tourbillon s’est encore accéléré, mais il ne souffle plus contre moi. Je l’embrasse et il m’emporte. Aujourd’hui je me tenais devant une fenêtre de l’école, il pleuvait sur le jardin, la tour de l’église du Thabor et la nuit qui tombait. Une amie s’est approchée, s’est tenue près de moi, avec presque une question aux coins des yeux, flottante comme une ébauche de sourire. Je me suis un peu tournée vers elle et je lui ai dit : « Je me demande si, plus tard, j’arriverai à être aussi bien que je le suis ici. Aussi heureuse. » Elle sourit, avec sa bouche et ses yeux. Elle répond qu’elle aussi, qu’il faut essayer, pourtant. Je sais. Je pose ma tête sur sa nuque, mes bras se rejoignent dans son dos, son menton se pose sur mon épaule. Je trouverai. »

15 novembre 2022

la main devant les yeux

Filed under: - marion — Marion @ 00:28

Pas d’illuminations aujourd’hui. Je me pose les mauvaises questions et il y a un nœud dans l’estomac du monde.

J’ai fait un gâteau au yaourt et il est presque bon ; et tout est presque beau.
Juste un tout petit peu trop amer.

« Older Posts

Powered by WordPress